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LE TEMPS DE L'INQUISITION

LE TEMPS DE L'INQUISITION

La fin de la croisade contre les Albigeois marque l’affirmation du pouvoir royal sur le sud de la France, mais également le retour en force de l’Église romaine qui met en place un tribunal d’exception pour se débarrasser des derniers hérétiques.

POURSUIVRE ET EXTIRPER L'HÉRÉSIE

La lutte contre le catharisme entre dans une phase judiciaire en octobre 1229. La création du tribunal de l’Inquisition en Languedoc, lors du concile de Toulouse, organise de manière systématique la recherche et la punition des hérétiques.

Désormais reclus dans la clandestinité, les représentants de l’Église cathare vont ainsi être traqués par tous les moyens durant plusieurs dizaines d’années et les croyants soumis à des interrogatoires musclés, visant autant à la délation qu’à leur reconversion religieuse. En plus de ces interrogatoires, répétés autant de fois que nécessaire, les inquisiteurs usent, pour parvenir à leurs fins, de l’emprisonnement qui brise souvent, par la durée et la dureté de la détention, les prisonniers les plus endurcis. En dernier ressort, on recourt à la torture. Les actions engagées contre les hérétiques impénitents, qui impliquent l’exhumation et le brûlement des cadavres, refusant ainsi toute sépulture en terre consacrée, sont ressenties par les populations comme des brutalités inouïes. Elles sont très douloureuses pour les familles, soumises également à la lourde pénalité matérielle que constitue la confiscation des biens.

UN VENT DE RÉVOLTE

Très vite, l’aristocratie urbaine se rebelle face à la nouvelle « terreur » judiciaire. C’est le cas à Albi, à Narbonne dès 1234, puis à Toulouse en 1235, où les inquisiteurs et les frères dominicains sont chassés de la ville. Dans le même temps, en août 1240, Raimond II Trencavel, qui s’était réfugié auprès du roi d’Aragon, tente de reconquérir sa vicomté. Le 8 septembre, accompagné des faidits languedociens (ces seigneurs dépossédés de leurs fiefs après la croisade), il fait le siège de Carcassonne. Mais l’arrivée des renforts militaires royaux l’oblige à se replier sur Montréal le 12 octobre. En 1241, vaincu, il reconnaît sa défaite et le roi de France reprend possession de ses terres.

La violence contre l’institution inquisitoriale et ses représentants atteint un point culminant en 1242. En mai de cette année-là, deux inquisiteurs, Guillaume Arnaud et Étienne de Saint-Thibéry, et leurs compagnons sont assassinés à Avignonet par des hommes d’armes venus de Montségur. Raimond VII, désireux de recouvrer son indépendance, entre alors en campagne contre le roi de France. Raimond II Trencavel se joint à lui. La révolte échoue, entraînant une répression vigoureuse : c’est en mars 1244 la chute et le bûcher de Montségur qui voit périr 225 « bons hommes » et « bonnes dames ». Le comte de Toulouse abandonne dès lors toute velléité de révolte et, à sa mort, en 1249, sa fille Jeanne et son gendre Alphonse de Poitiers lui succèdent. Le 7 avril 1247, Raimond Trencavel renonce au profit du roi à ses droits sur la vicomté de Carcassonne.